George Weah, le Ballon d'Or devenu président du Liberia
jeudi 20 juin 2019
George Weah, le Ballon d'Or devenu président du Liberia

Qui ne connaît pas George Weah et ses exploits comme footballeur à Monaco, au PSG et au Milan AC notamment ? Qui a oublié qu'il reste à ce jour le seul joueur africain à avoir remporté le Ballon d'or de France football en 1995 ?

Il a grandi dans les bidonvilles de Monrovia (Libéria). Il a fait ensuite le bonheur du Paris Saint-Germain et de l'AC Milan. Le voilà désormais président du Liberia. George Weah, ancienne star planétaire du football, qui a largement remporté le 28 décembre 2017 le second tour de l'élection présidentielle de son pays natal, auquel il est toujours resté "très attaché". Il est le premier footballeur à devenir un chef d'État.

George Weah naquit le 1er octobre en 1966 à Clara Town, un bidonville entouré par la mer à la capitale libérienne Monrovia. Il fut élevé par sa grand-mère. Enfant, il travailla déjà, comme réparateur de téléphones. Mais le ballon, qu’il aima toujours taper dans les ruelles boueuses du ghetto, changea sa vie.

Après des débuts comme gardien de but dans un petit club de la banlieue de Monrovia, c'est bien au Cameroun que la carrière de "Mister George" démarra véritablement. Il se retrouva au poste d’avant-centre dans le plus grand club du pays du moment le club Tonnerre Kalara Club (TKC) où il resta une seule saison (saison 1987-1988).)

En 1988, alors âgé de 22 ans, il ne parla alors pas un mot de français, le jeune footballeur fut repéré par le Français Arsène Wenger, entraîneur à l’époque de l’AS Monaco. La même année, il s’envola pour la principauté. La légende de Weah vint juste de commencer. Pendant quatorze ans, l’attaquant joua dans les plus grands clubs européens: au Paris-Saint-Germain (PSG), au Milan AC, en passant par Chelsea, Manchester City et l’Olympique de Marseille.

 

En 1995, George Weah remporta le Ballon d’or pour ses prestations avec le PSG en Coupe d’Europe. Jusqu’à aujourd’hui, il est l’unique Africain à avoir reçu ce prix.

Outre cette grande récompense, Weah décrocha également en 1995 le titre de « meilleur joueur du monde » attribué par la FIFA, le titre de meilleur joueur africain, de meilleur joueur évoluant en Europe et le « Onze d’OR » (récompense accordé par le magazine Onze Mondial). C’est à ce jour le seul homme dans le football qui gagna autant de titres individuels une même année.

Outre l’année 1995, il reçut aussi les titres de meilleur joueur africain de l’année 1989 et 1994, de meilleur joueur africain du siècle et le prix du Fair Play Fifa en 1996. Il entra encore un peu plus dans l'histoire devenant le premier Africain, mais aussi le dernier à l'heure actuelle, à atteindre de tels sommets.

Il devint une véritable idole en Afrique, et en particulier au Libéria. Sans compter qu’il fut le meilleur joueur de l’équipe, "Mister Georges" soutint longtemps à lui seul la sélection libérienne, Il n'hésita pas à payer de sa poche les hôtels et billets d'avion de la sélection libérienne. Dans les années 1990, il affréta un avion pour que l’équipe nationale du Liberia puisse aller disputer un match au Zaïre (actuelle RD Congo). Il s’occupa aussi des équipements et souvent épongea les dettes de la fédération libérienne.

Champion du Liberia, du Cameroun, de France, d'Italie, vainqueur de la Coupe de France, de la Coupe de la Ligue, de la FA Cup... Partout où il passa, George Weah triomphe, gagnant une véritable fortune tout au long de sa carrière.

Son surnom "Mister Georges" lui eut été attribué vu sa générosité appréciée par tous. Weah se servit de sa notoriété pour essayer d’améliorer les conditions de vie des Africains et en partie les enfants car, selon lui, ce sont les plus fragiles et ce sont eux qui représentent l’avenir.

En 2003, « Mister George » – rangea définitivement ses crampons et s’engagea dans l’humanitaire. Il fut été sélectionné ambassadeur de bonne volonté à l’Unicef.

Malgré cette véritable carrière riches de succès, Ce buteur hors pair n'oublia jamais sa terre natale, il fut très soucieux de ce qu'il s'y passa. Il alla au Liberia à chaque fois qu'il le put, il partit avec un avion plein de matériel à chaque fois qu'il rentra à son pays en faveur des Libériens. "Il fut la seule chose positive que le Liberia eut à ce moment-là : une success story qui donna une image brillante, pour une fois, du pays.", a dit Hassan Bility, militant des droits humains.

"Mister George" l'ex-vedette du Parc des Princes alla réaliser le second rêve de sa vie. Il s'engagea à la politique de son pays. Un nouveau monde qu'il épousa à la fin de la guerre civile que le Liberia connut pendant la période comprise entre 1989 et 2003.

Mais pour ravir la présidence, le chemin fut plus long que prévu. En 2005, il fut battu au second tour des présidentielles par Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d'État en Afrique. Six ans plus tard, revoyant ses ambitions à la baisse, il se présenta à nouveau contre Mme Sirleaf, cette fois sur le ticket électoral de l’opposition. Encore un échec.

Ses adversaires, eux, dénoncèrent son inexpérience et son manque de scolarité. Raison pour laquelle l'ancien attaquant du PSG décida, en toute discrétion, donc de retourner à l'école aux Etats-Unis, où il résida déjà avec son épouse. Il suivit les cours de la Continental Academy en Floride. Et, en octobre dernier, à 41 ans, l'ancien footballeur annonça fièrement à ses admirateurs, réunis à Monrovia, la capitale de son pays, qu'il vint d'obtenir son diplôme de fin d'études secondaires.

"J'ai travaillé dur pour ça. Il y a eu des moments d'embarras, pendant les études, surtout que je devais m'asseoir dans la même classe que des enfants...» , dit-il . Ce que lui ouvrit les portes de l'université de Devry (Devry University), en Floride du Sud. Un nouveau beau challenge pour celui qui fit de l'éducation un pilier de sa campagne présidentielle. Et qui rêva toujours de jouer un rôle actif dans la vie du Liberia.

Finalement, à 51 ans, l'ex-attaquant vedette du PSG et du Milan AC remporta largement le second tour des présidentielles de 2017, avec 61,5% des voix face à son adversaire le vice-président Joseph Boakai, il succéda ainsi le 22 janvier 2018 à Ellen Johnson Sirleaf, marquant la première transition démocratique depuis plus de 70 ans dans ce pays anglophone d'Afrique de l'Ouest.

"Personne ne devrait avoir peur du changement. Regardez ma vie : je suis passé de footballeur à homme politique. Vous pouvez vous aussi être cette personne. Nous sommes pareils", lança-t-il pendant sa campagne.

"Je suis le visage du Liberia. Le Liberia, c’est moi !", conclut Georges Weah.

Élaboration de l'OGI

Sources

lemonde.fr

rtl.fr

jeuneafrique.com

allafrica.com

lyamine.guezouli.free.fr

leparisien.fr